Analyse Fonctionnelle

Présentation Générale

D’après la norme AFNOR, l’analyse fonctionnelle est une démarche qui consiste à rechercher, ordonner, caractériser, hiérarchiser et valoriser les fonctions du produit attendu par l’utilisateur.
L’analyse fonctionnelle s’applique à la création ou à l’amélioration d’un produit, elle est dans ce cas l’étape fondamentale de l’analyse de la valeur. Appliquée au seul besoin, elle est la base de l’établissement du Cahier Des Charges Fonctionnel (de Besoin).

Les Fonctions

L’expression des fonctions est normalisée par l’AFNOR : une fonction se compose d’un verbe ou d’un groupe verbal caractérisant l’action, et de compléments représentant les éléments du milieu extérieur concernés par la fonction. Le sujet de la phrase n’apparait pas, mais il renvoie toujours au produit. La définition d’une fonction est donnée par la norme AFNOR X50-151 : « Action d’un produit ou de l’un de ses constituants exprimée exclusivement en termes de finalité ».

De plus, deux règles principales sont à respecter :

  • La formulation doit être claire, concise et sans ambiguité ; en particulier, les formes passive et négative sont à éviter.
  • La formulation de la fonction doit être indépendante des solutions susceptibles de la réaliser.

Méthodologie

L’analyse fonctionnelle s’effectue en plusieurs étapes :

1. Déterminer le profil de vie du système
Il convient dans un premier temps de rechercher l’information nécessaire pour identifier les différentes phases du cycle de vie du produit depuis son stockage jusqu’à son retrait de service, en passant par son utilisation “pure”. Pour chaque situation, il est recommandé de lister les éléments, personnes, matériels, matières qui constituent l’environnement du produit.
Les activités qui suivent vont être réalisées pour chacune des phases du cycle de vie du produit au sein du groupe de travail qui a été mis en place.

2. Recenser les fonctions
La recherche des fonctions s’effectue en étudiant les relations du futur produit ou système avec son environnement. Elle s’effectue selon une méthodologie axée sur le recensement exhaustif des fonctions : ne pas en oublier, ne pas inventer de faux services.
Comme indiqué dans le paragraphe précédent, chaque fonction devra être exprimée exclusivement en terme de finalité et être formulée par un verbe à l’infinitif suivi d’un ou plusieurs compléments.
Il faut distinguer les fonctions de service des fonctions techniques.

a. Les fonctions de service
Elles se déclinent en trois catégories :

  • Les fonctions principales : Pour chaque phase du cycle de vie, il s’agit d’identifier les relations créées par l’objet entre deux ou plusieurs éléments de son milieu d’utilisation. Il faut ensuite exprimer le but de chaque relation créée, chaque but détermine ainsi une fonction principale.
  • Les fonctions contraintes : Pour chaque position d’utilisation, il s’agit de définir les contraintes imposées au produit par son milieu extérieur d’utilisation. Cela revient à recenser les conditions qui doivent être impérativement vérifiées par le produit, mais qui ne sont pas sa raison d’être.
  • Les fonction complémentaires (ou secondaires) : Il s’agit des fonctions qui facilitent, améliorent, ou complètent le service rendu. Ce type de fonction ne résulte pas de la demande explicite du client, et n’est pas non plus une contrainte. Il s’agit de proposer au client des améliorations pour son produit.

b. Les fonctions techniques
Chronologiquement, elles ne sont identifiées qu’une fois les fonctions de service clairement exprimées.
Elles sont issues de solutions techniques pressenties. L’architecture du système est composée d’éléments existants plus ou moins standardisés : le projet consiste alors à les organiser de façon nouvelle ou créer des relations nouvelles entre ces éléments.

3. Ordonner les fonctions
Les fonctions identifiées précédemment ont été notées sans respecter un ordre particulier. Il est important d’établir une décomposition logique entre ces diverses fonctions.
Le groupe de travail créera ainsi le diagramme fonctionnel qui ordonne les fonctions identifiées, vérifie la logique fonctionnelle, contrôle l’exhaustivité du recensement des fonctions et sert de support à la recherche de nouvelle fonctions.
4. Caractériser et quantifier les fonctions
Une fois les fonctions identifiées, il faut définir les critères qui nous permettront d’effectuer le choix d’une solution technique : la caractérisation des fonctions. Cela consiste à énoncer pour chaque fonction de service :

  • Les critères d’appréciation : caractère retenu pour apprécier la manière dont une fonction est remplie ou une contrainte respectée.
  • Les niveaux de chaque critère : grandeur repérée dans l’échelle adoptée pour un critère d’appréciation d’une fonction. Cette grandeur peut être celle recherchée comme objectif ou celle atteinte par une solution proposée. Le niveau quantifie le critère et représente ainsi la performance attendue du service à rendre.
  • La flexibilité de chaque niveau : ensemble d’indications exprimées par le demandeur sur les possibilités de moduler le niveau recherché pour un critère d’appréciation.
  • Le taux d’échange associé : rapport déclaré acceptable par le demandeur entre la variation du prix (ou du coût) et la variation correspondante du niveau d’un critère d’appréciation ou entre les variations de niveau de deux critères d’appréciation. Il s’agit ici de préparer une éventuelle variation de performances par rapport au besoin initial. Pour chaque couple critère/niveaux de satisfaction, on fixera alors un taux d’échange.

5. Hiérarchiser les fonctions
Il faut pouvoir indiquer aux futurs prestataires, les services essentiels sur lesquels il faudra concentrer leurs savoir-faire. Pour cela, il est possible de hiérarchiser les fonctions soit en associant directement un coefficient à chaque fonction, soit en comparant chaque fonction à toutes les autres en jugeant si elle est “plus importante” ou “moins importante”.

Outils d’analyse fonctionnelle

L’analyse fonctionnelle est possible grâce à une panoplie d’outils.
Les principaux outils sont les suivants :

  • La bête à cornes, qui permet d’exprimer la recherche du besoin.
  • Le diagramme pieuvre, qui permet de définir les liens (c’est-à-dire les fonctions de service) entre le système et son environnement. Ce diagramme permet de recenser la plupart des fonctions du système.
  • Le cahier des charges, qui permet de décrire et lister les fonctions principales, secondaires et contraintes du système étudié.
  • Les diagrammes FAST et SADT, qui permettent la recherche de solutions technologiques.

Conclusion

L’analyse fonctionnelle révèle les fonctions associées au besoin exprimé mais laisse ouvert le choix des solutions. Elle permet ainsi une meilleure adéquation entre les concepts de solution qui apparaîtront et le besoin exprimé.
L’analyse fonctionnelle encourage la créativité en ne limitant pas les recherches aux seules solutions existantes. A partir d’un groupe de travail, l’analyse fonctionnelle organise les échanges entre acteurs d’un projet et limite les contentieux ultérieurs.

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